37 degrés à l’ombre

Juste un petit saut par ici, il fait trop chaud pour être derrière un ordinateur ! Mais les paysages du Luberon sont tellement merveilleux en été qu’il fallait tout de même que je partage ça ici. La période estivale me fait réaliser, avec l’arrivée constante de touristes, que je vis désormais dans une véritable destination de vacances. Je ne ressens d’ailleurs plus l’envie d’aller ailleurs, trop curieuse de découvrir ce que l’été me réserve ici.

Passez un bel été, profitez du chant des cigales, buvez du sirop de cassis et soyez heureux !

 

Là où j’ai envie d’être

Il y a quelques jours, alors que je descendais la petite route de Puget à vélo, l’air frais du matin, le soleil de juin et le parfum des fleurs bordant l’allée m’ont fait réalisé à quel point j’aimais la vie ici, alors pour immortaliser ça, j’ai rédigé la liste des choses qui me rendaient particulièrement heureuse en ce moment :

 

  • Il y a d’abord cette musique, qui me donne l’impression d’être dans un film de Woody Allen, dont l’action se déroulerait en Italie. Elle me donne envie de porter des lunettes de soleil, de manger du jambon cru et de dévaler les petites routes du Luberon en vélo-solex. Encore une bonne raison d’économiser…

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  • L’utilisation du vélo. Ça en devient presque une obsession, mais après avoir été persuadée pendant longtemps que le principal désavantage de la campagne était l’utilisation massive et obligatoire de la voiture pour le moindre déplacement, je réalise qu’avec une paire de jambes musclées, de la motivation et un bon vélo, je peux supprimer un grand nombre de mes trajets en voiture et ça me fait trépigner de joie. Sans parler des balades et autres explorations que le vélo rend beaucoup plus interessantes : il y a quelques jours, Adrien, son frère et moi enfourchions nos vélos pour découvrir un sentier que nous n’avions jusqu’ici pas osé explorer. On ne peut d’ailleurs pas vraiment parler d’un sentier, puisque rien n’est fait pour l’emprunter : des branches, des ronces et très peu de visibilité. A dos de vélos, nous sommes parvenus à nous tracer un chemin, tels de vrais aventuriers dans la jungle Amazonienne.  Nos efforts ont été récompensé par la découverte d’un coin de baignade sauvage, au bord de la Durance, dont je compte bien profiter tout l’été.

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  • Faire le marché. Le marché paysan du jeudi soir à Lauris fait parti de mes moments préférés de la semaine. On y retrouve nos copains, autour d’une bière, et puis les producteurs du coin, dont les bons produits constituent notre source principale d’alimentation ces temps-ci 🙂 Le jardin du Café Villageois, où se tient le marché est un véritable coin de paradis, l’herbe y est haute et verte, des petites tables se nichent dans tous les coins, invitant à prendre le temps (et à dévorer les 3/4 des achats du marché). Et puis, il y a aussi le marché d’Apt du samedi matin, dont j’ai déjà parlé sur le blog, dont les huîtres et le gorgonzola constituent toujours une grande motivation à nous lever tôt le week-end.

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  • Les petits-déjeuners au Commerce du Portalas. C’est le seul commerce de notre village, alors j’aime bien y aller de temps en temps le matin, pour y lire le journal et y manger un pain au chocolat sur la jolie terrasse. Ces matins-là sentent bon les vacances et les week-ends.

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  • Avoir toujours au moins un bouquet de fleurs fraîches à la maison. Le fait de marcher seulement quelques mètres pour avoir accès à des champs remplis de fleurs sauvages me comble de bonheur. Je découvre au fil des changements  de températures les fleurs du Luberon et compose des bouquets toujours plus beaux. Je ne compte plus le nombre de rendez-vous retardé par un arrêt inopiné dans un champ pour y cueillir quelques fleurs… J’essaie cependant de compenser cette manie en plantant des fleurs aussi souvent que possible, bien consciente que si tout le monde avait la même obsession que moi, il ne resterait plus rien à cueillir…

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  • Les vides greniers ! La saison estivale s’accompagne toujours d’évènements conviviaux, invitant à sortir de chez soi, à découvrir de nouveaux villages et à rencontrer ses voisins. Le vide grenier de Lauris, dernier en date, était génial : s’étalant sur tout le village (qui était donc piétonisé pour l’évènement) il regorgeait de petites merveilles, de vieux objets et de beaux foulards. Nous y avons trouvé une vieille et grande bassine dans laquelle est désormais planté un figuier, un porte livres, un vieux miroir… J’ai déjà hâte de faire les suivants !

 

 

Cadenet, jaune-orangé

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Il y a quelques jours, Adrien et moi nous rendions à Cadenet, pour assister à un « Festival de Théâtre amateur », dont tous les villages du Luberon semblaient faire la promotion. Cadenet, je n’y vais jamais. C’est pourtant un assez grand village à côté du notre, mais le manque de charme et de raisons valables d’y aller ont découragé toute envie de visite. Et puis un soir, nous sommes allés à Cadenet. En déambulant dans les rues vers 20h, à l’heure où les voitures ne roulent plus, où des odeurs de cuisine sortent des fenêtres ouvertes et des bruits de vaisselle nous rappellent que c’est l’heure de dîner, je crois que j’ai aimé être à Cadenet. Les rues étaient calmes, des chats curieux de savoir où nous nous rendions nous suivaient. Le coucher de soleil réchauffait les façades, leur donnant cette couleur orangé que j’aime tant. Le spectacle de théâtre était, il faut se l’avouer, un peu décevant et pas vraiment approprié à notre âge (nous nous retrouvons souvent à assister à des évènements apparement prévus pour une tranche d’âge bien plus âgée) Mais cette balade improvisée me laisse un doux souvenir de cette soirée.

Bonne semaine à tous ! Je vais essayer de rester constante dans ma production d’article ce mois-ci, pourtant, l’arrivée des beaux jours, des soirées sur la terrasse, des balades dans les champs me font dire qu’il sera difficile de prendre du temps derrière un ordinateur. On verra bien ! La vraie vie est quand même plus aguichante que la vie virtuelle, pas vrai ?

Un Printemps dans le Luberon

Dans un mois pile-poil, nous fêterons le début de l’été, des soirées sur la terrasse, des premiers plongeons dans l’étang de la Bonde et des pique-niques tardifs. D’ici là, il me paraît important de savoir apprécier le moment présent, malgré son temps très incertain, le printemps nous a offert beaucoup de joie et de bonnes surprises. Tout d’abord, une envie frénétique de plantes, de bouquets, de verdure, partout sur la terrasse, dans la maison, comme pour rattraper une frustration d’anciens citadins. Dès la fin du mois de février, mes moments libres étaient bien souvent occupés à remplir la voiture de plantes à ramener chez nous, jusqu’à ce que la maison devienne une sorte de jardin botanique ridicule. J’apprends peu à peu à avoir la main verte (c’est pas encore complètement gagné !), à accroître ma patience, ma constance, pour faire vivre toutes ces fleurs qui décorent désormais notre terrasse. Et puis, le Luberon au printemps, je ne l’avais jamais vu. Arrivés en automne, nous n’avions pas assisté à cette jolie période dans le coin. Nous ne savions alors pas que les genêts entoureraient la maison, que les façades déborderaient de rosiers en fleurs, qu’une multitude d’iris envahiraient les fossés ou que nous admirerions d’immenses champs de coquelicots.

L’arrivée du printemps nous en a mis plein la vue et nous a permis de découvrir de nouveaux sentiers, de nouvelles balades, des futurs lieux de baignade et de super spots de pique-nique. Il nous permet de rester un peu plus tard, les soirs de marché, pour papoter avec d’autres villageois et faire de nouvelles rencontres. Il nous donne envie de profiter de notre nouveau lieu de vie, de l’explorer toujours plus, de s’y ancrer entièrement. Il voit renaître la vie culturelle avoisinante, étonnamment riche pour de si petits villages. Et puis, puisqu’il vient réclamer un peu d’attention alors que j’écris cet article (en s’affalant lourdement sur mon clavier d’ordinateur) il nous permet d’observer Newton vivre sa nouvelle vie, chassant des abeilles et grimpant des arbres beaucoup trop hauts pour lui.

Bonne semaine xxx

 

La meilleure fougasse du monde

Décidément, on parle beaucoup de fougasse par ici ! Mais ce blog reflète bien mes obsessions du moment et la fougasse d’Aigues-Mortes en fait définitivement partie. Laissez moi vous installer le décor. Le week-end dernier, des amis et moi partions au Grau-du-Roi, dans le Gard, pour un « séjour Camarguais ». Au programme, balade à cheval, visite des Saintes-Maries-de-la-mer et dégustation de sardines grillées. J’avais en tête de leur faire découvrir la fameuse fougasse, ne sachant toutefois pas si la pâtisserie leur plairait (la fleur d’oranger n’est pas au goût de tout le monde). Contre toute attente, dès la première bouchée, leurs réactions furent semblables à la mienne : un enthousiasme démesuré et une envie d’en faire des provisions pour les 15 prochaines années. Face à tant d’engouement, nous avons pris la solennelle décision d’en manger tous les matins du séjour, au petit-déjeuner. Cette routine s’est rapidement transformée en obsession : nous voulions toujours plus de fougasse et choisissons ainsi de lancer « le marathon de la fougasse » (il y a quelques années, nous lancions le « marathon de la glace » à Marseille !) Notre circuit s’est étalé entre le Grau-du-Roi, les Saintes-Maries de la Mer et évidemment Aigues-Mortes, où la fougasse est l’emblème de la ville. Nos critères étaient les suivants : la pâtisserie doit être  légère, moelleuse, surtout pas sèche, le sucre sur le dessus ne doit pas être trop imposant, la fleur d’oranger doit être subtile. Laissez-moi vous dire qu’il s’agit là de dosages microscopiques, qu’un rien peut faire basculer. Conscients de la rigueur de nos critères nous demeurions pourtant intraitables, tels de vieux critiques culinaires, à la mâchoire tendue et aux yeux plissés. A deux doigts de l’indigestion, nous pouvons affirmer, Mesdames et Messieurs que nous avons un gagnant, à l’unanimité. Il s’agit de la première fougasse que nous avons dégusté ensemble, celle vers laquelle je me rue tous les matins lors de mes séjours camarguais, celle de la petite pâtisserie du Grau-du-Roi « O Lingot« . Pourtant, nous sommes allés dans toutes les pâtisseries hurlant être les « spécialistes de la fougasse ». Rien n’y fait, celle du Grau-du-Roi a toute la place dans notre coeur et surpasse toutes les autres. Le pâtissier, que je remerciais d’être à l’origine de « la fougasse de mes rêves » nous expliquait la difficulté de l’exercice et la précision nécessaire à sa réussite. Et c’est réussi. Imaginez simplement les petites danses de la joie que nous faisions après chaque bouchées. Un mélange de ula-up et de salsa.

Alors voilà. Vous savez tout. Allez la goûter si vous êtes dans le coin (il ne faut pas trop tarder le matin, elles disparaissent vite!) vous me remercierez.

Pâtisserie O Lingot

30 rue de la poissonnerie, 30240, Le Grau du Roi