UNE CABANE DE GARDIAN, LE COUCHER DU SOLEIL

L’avantage de la Camargue, c’est que la moindre balade devient une aventure. Le soir, les week-ends, Adrien et moi explorons avec enthousiasme les terres camarguaises, certains de toujours y découvrir des merveilles. Ce soir là, au bord d’une route, nous croisons cette cabane de gardian, illuminée par une chaleureuse lumière de fin de journée. Nous nous y arrêtons timidement et apercevons au loin deux jeunes filles, rentrant d’une balade à cheval, qu’elles se mirent à joyeusement rafraîchir à l’aide d’un tuyau d’arrosage. Je regrette de ne pas avoir osé les prendre en photo : la scène semblait tirée d’un film, captivante, fascinante. Nous les avons observé un moment avant de revenir sur nos pas, imaginant à quel point ce devait être apaisant de terminer ses journées par une balade à cheval dans l’immensité des étendues camarguaises.

Si vous ne connaissez pas les maisons de gardians, je vous encourage à venir les découvrir, la Camargue en regorge ! Il s’agit à l’origine de cabanes abritant de manière permanente ou saisonnière les « gardiens de manade » (de taureaux) : les gardians, mais également les chasseurs ou bien les pêcheurs des marais camarguais. La forme singulière de cette cabane lui permettait de résister aux violentes rafales de mistral. Son toit est constitué de roseaux, son sol de terre battue, ses murs de chaume et sur la pointe avant apparaît fréquemment une croix ou une corne de taureaux. Par grand vent, pour éviter que la cabane ne se soulève, des cordes fixées au sol y étaient attachées.

Ces anciennes cabanes n’existent apparemment plus, mais de nouvelles ont été construites dans les années 1950-1960 par des « maîtres cabaniers », à l’initiative de Roger Delagnes, alors maire des Saintes-Maries-de-la-Mer. Leur souvenir reste donc intact, même s’il s’agit aujourd’hui de gîtes, de maisons secondaires ou de restaurants, elles permettent avec un peu d’imagination de visualiser le quotidien d’un gardian, venant s’abriter de l’impitoyable mistral dans sa cabane, après une longue journée à cheval.

La cabane du Daladel, Route Départementale 58 entre Aigues-Mortes et les Saintes-Maries-de-la-Mer

Je découvre en rédigeant cet article, le passage de Van Gogh en Camargue et sa toile « Trois maisons aux Saintes-Maries » (1888). Il parlera de ces cabanes en ces mots : « des cabanes blanchies entièrement à la chaux, le toit aussi, posées sur un terrain orangé certes, car le ciel du Midi et la Méditerranée bleue provoquent un orangé d’autant plus intense que la gamme des bleus est plus montée de ton. La note noire de la porte, des vitres et de la petite croix sur le faîte font qu’il y ait un contraste simultané de noir et bleu agréable à l’œil « .

Trois maisons aux Saintes-Maries, Vincent Van Gogh, 1888

Malgré l’arrivée imminente d’un certain bébé, j’ajoute le « passage de Van Gogh en Camargue » à la liste d’articles que j’ai envie de rédiger ici, restez dans le coin si le sujet vous intéresse, à très vite 🙂

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