NOS PREMIERS PAS À AIGUES-MORTES

Si vous lisez les articles de ce blog depuis quelque temps, vous devez savoir à quel point j’ai tendance à m’emballer lorsqu’un lieu me plaît. Jusqu’ici, c’étaient les paysages de Provence qui m’enthousiasmaient le plus : les petits villages des Alpilles, du Luberon, les marchés d’Uzès, de Lourmarin, les champs de lavandes, de tournesols, tout ce qui pouvait se retrouver dans un roman de Pagnol faisait battre mon cœur de façon démesurée. Je n’envisageais alors pas de vivre ailleurs que dans un joli village isolé, où Adrien et moi aurions pu nous fondre dans une vie rythmée par le chant des cigales, parfumée par l’odeur du romarin. Et puis, le destin (qui fait décidément bien les choses) nous a emmené à Aigues-Mortes, en plein cœur de la Camargue. Évidement, ce n’est pas bien loin de ma Provence natale, pourtant la faune, la flore et les traditions locales y sont sensiblement différentes. Aigues-Mortes, c’était pour moi un lieu de vacance, de tourisme, la Camargue, une terre à explorer avec une paire de jumelles, des bottes et de l’anti-moustique : certainement pas un lieu où vivre toute l’année. Je pressentais pourtant une fascination autour de l’histoire de la ville et de sa culture, quelque chose me donnait envie d’en savoir plus.

Lorsque nous sommes arrivés en décembre dernier, j’ai d’abord ressenti l’austérité qui pouvait se dégager du lieu : des rafales de Mistral excessivement fortes, un froid glacial, une ville vide (nous étions alors en plein confinement), une histoire violente… Aigues-Mortes ne s’offre définitivement pas à tout le monde, en tout cas, pas en décembre. C’est avec appréhension que nous avons exploré ses ruelles désertes, ses campagnes abandonnées, à la recherche d’un peu de réconfort, d’une raison pour laquelle se réjouir d’avoir posé nos valises dans ses remparts. Il n’y avait alors pratiquement aucun touristes, la ville se dévoilait entièrement à nous, de manière abrupte et intimidante.

Et puis je crois que nos longues balades quotidiennes ont commencé à intriguer les habitants du coin. Peu à peu, au fil de nos rencontres, nous avons commencé à échanger plus que de simples banalités : nous nous sommes vraiment rencontrés. La grande sociabilité d’Adrien et mon immense envie de tout apprendre du lieu nous ont permis de passer des heures à bavarder avec nos « nouveaux voisins » : le matin, le soir, les week-ends, chaque moment de libre nous permettait de découvrir un peu plus les personnalités décidément accueillantes des aigues-mortais nous entourant. Il y a aussi « les nouveaux », ceux qui ne sont pas du coin, comme nous, mais qui découvrent avec la même fascination leur nouvelle vie en Camargue… Toutes ces personnes, que l’on croise au quotidien dans les rues de la Ville, avec qui l’on partage désormais des verres, des repas, ont constitué la première raison pour laquelle nous nous sommes réjouis d’avoir posé nos valises ici.

Une réjouissance en entraînant une autre, nous avons peu à peu découvert les « bons plans » du coin, grâce aux généreuses recommandations de chacun. Cette immersion profonde dans la vie locale me donne souvent l’impression de vivre ici depuis toujours, pourtant, j’ai encore tellement à découvrir ! J’observe avec émerveillement les changements de saisons entre les remparts, la manière dont Aigues-Mortes se remplie puis se vide, ses rues qui s’animent joyeusement, le son du clocher qui semble parfois varier, les jasmins qui fleurissent, les nouvelles odeurs qui jaillissent… J’apprends avec enthousiasme les anecdotes historiques, les commerces qui n’existent plus mais qui ont fait la renommée de la ville, l’effort et la technique que cela demandait de travailler aux Salins, la rigueur qu’il faut pour préparer une gardianne ou une rouille, l’endroit et l’heure où il faudra être pendant la fête votive, les termes précis qu’il faut utiliser pour expliquer la couleur rose de l’eau, les chansons qu’il faut que j’apprenne « pour avoir l’air un peu plus du coin », la généalogie des vieilles familles d’ici… Je tente de ne perdre aucune miette de ce tourbillon d’informations, qui me comble de joie depuis plusieurs mois et dont j’espère bien partager quelques bribes sur ce blog. En attendant, voici une petite sélection de photos que je stocke dans mon téléphone depuis plusieurs jours, attention, vous pourriez finir par avoir envie de vous installer ici vous aussi !

Et encore, vous n’avez rien vu ! A bientôt 🙂

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