Histoires et légendes de Provence #1

Il y a quelques jours, je trouvais au hasard des rues un livre bien particulier, déposé par son ancien propriétaire dans une boite à livres du petit village de Mallemort. Son titre « Histoires et Légendes de la Provence mystérieuse » n’aurait pas pu être plus séduisant. Je commençais à cette période mes premières lectures autour des légendes provençales et regrettais de ne pas avoir à ma disposition plus d’écrits, regroupant dans un seul volume tout ce dont j’avais besoin de savoir à ce sujet. Je vous laisse alors imaginer mon enthousiasme en découvrant cet ouvrage et la frénésie avec laquelle je me plongeais dans l’univers mystique et passionnant des histoires et légendes de Provence. Si cela vous intéresse, j’en partagerais quelques-unes ici, en commençant aujourd’hui par ma préférée d’entre toutes : la légende de Sainte Marthe et de la Tarasque.

Sainte Marthe à la Tarasque

Lorsque l’on passe l’intégralité de sa scolarité dans la ville de Tarascon (Bouches-du-Rhône) , on grandit dans un environnement empreint de contes, de légendes, de récits historiques et de traditions. Notre imaginaire se développe à travers des mythes, au point de ne plus vraiment discerner où s’arrêtent les faits et où commencent les fables. La Tarasque, le Roi René, Sainte Marthe, Tartarin… leurs présences se ressentent dans chaque rue, à chaque regard vers le Rhône, vers l’église ou vers l’imposant château. C’est donc avec beaucoup d’excitation que je me suis replongée dans l’histoire de Sainte Marthe et de la Tarasque, me promettant une visite prochaine sur place pour redécouvrir le décor de cette légende palpitante, chère aux cœurs des tarasconnais (et des élèves qui sont passés par là!)

L’histoire commence avec l’arrivée de Sainte Marthe en Provence. Au 1er siècle, après la mort du Christ, elle fut chassée de Palestine et placée sur une barque sans voile ni rame avec d’autres chrétiens (dont les Trois Saintes Maries, qui donneront leurs noms à la ville des Saintes-Maries-de-la-Mer). Entraînés par les courants, les malheureux pèlerins dérivèrent jusqu’au Rhône pour s’échouer quelques jours plus tard, sains et saufs, sur le sol provençal. Les rescapés se séparèrent alors, Marie Madeleine se retira dans le Massif de la Sainte-Baume (encore une légende passionnante !), Marie Salomé, Marie Jacobé et Sarah resteront aux Saintes-Maries-de-la-Mer, Lazare devint le premier évêque de Marseille et Marthe pris la direction de Tarascon, où la légende d’un terrible et dangereux dragon se répandait alors. On racontait que sa taille était incroyable, son souffle pestilentiel, que de ses yeux sortaient comme des flammes et que de sa gueule, armée de dents pointues, se faisaient entendre des sifflements perçants et des rugissements horribles. La bête déchirait de ses dents et de ses griffes tout ce qu’elle croisait et la seule infection de son haleine suffisait à ôter la vie à tout ce qui l’approchait de trop près. On déplorait chaque jour la perte de nouveaux troupeaux, de bergers, de villageois. Les drames causés par le monstre étant le sujet ordinaire des conversations, ils arrivèrent rapidement jusqu’aux oreilles de Marthe, qui fut suppliée par la foule d’anéantir cette bête terrifiante.

« Si le Messie que cette sainte fille nous prêche a quelque pouvoir, que ne le montre-t-elle ici ? Car si ce dragon venait à périr, on ne pourrait dire que c’eût été par aucun moyen humain. »

Marthe leur répondit :

« Si vous êtes disposés à croire, tout est possible à l’âme qui croit »

Alors, tous ayant promis de croire, Marthe se rend avec assurance dans le repère du dragon et apaise sa férocité par un signe de croix. Elle lie ensuite le cou de la bête avec une ceinture qu’elle portait et l’emmène jusqu’à la foule : « approchez hardiment au nom du Sauveur, et mettez en pièce ce monstre venimeux ! » Après quelques hésitations, la foule se jette sur la bête, admirant le courage de Sainte Marthe qui se tient immobile et ne semble éprouver aucun sentiment d’effroi. Cet endroit désert était auparavant appelé Nerluc (ou Bois Noir), mais dès ce moment on le nomma Tarascon, du dragon qu’on appelait Tarasque. Le désert de Tarascon ayant été délivré de tous les reptiles qui l’infestait, Sainte Marthe s’y choisit une demeure, changeant en un séjour agréable ce lieu auparavant redouté. Elle est aujourd’hui la Sainte Patronne de la Ville, son tombeau se trouve dans la crypte de l’église romane portant son nom, bâtie à l’endroit même où se trouvait sa maison.

Chaque année, au moins de juin, Tarascon célèbre les Fêtes de la Tarasque, une bonne occasion de se plonger dans le folklore local !

Connaissiez-vous ce récit ? Mon livre déborde d’histoires aussi enivrantes que celle-ci, je vous les partagerais avec plaisir si ce genre d’article vous intéresse 🙂 Si vous souhaitez vous l’offrir, il s’agit donc du livre « Histoires et Légendes de la Provence mystérieuse » aux éditions Claude Tchou. A bientôt !

English version :

A few days ago, I randomly found a very special book in the streets, deposited by its former owner in a bookbox in the small village of Mallemort. Its title « Stories and Legends of Mysterious Provence » could not have been more appealing. At this time, I began my first readings around Provençal legends and regretted not having more writings at my disposal, bringing together in one volume everything I needed to know on this subject. I will then let you imagine my enthusiasm in discovering this book and the frenzy with which I immersed myself in the mystical and fascinating universe of the stories and legends of Provence. If you are interested, I will share a few here, starting today with my favorite of all: the legend of Sainte Marthe et de la Tarasque.

When you spend all of your schooling in the city of Tarascon (Bouches-du-Rhône), you grow up in an environment full of tales, legends, historical stories and traditions. Our imagination grows through myths, to the point of not really discerning where the facts end and where the fables begin. La Tarasque, King René, Sainte Marthe, Tartarin … their presence is felt in every street, at every glance towards the Rhône, towards the church or towards the imposing castle. It is therefore with great excitement that I immersed myself in the history of Sainte Marthe and Tarasque, promising myself a visit there soon to rediscover the setting of this thrilling legend, dear to the hearts of the Tarasconnais (and students who have been there!)

Sainte Marthe and the Tarasque

The story begins with the arrival of Sainte Marthe in Provence. In the 1st century, after the death of Christ, she was driven out of Palestine and placed on a boat without a veil or oar with other Christians (including the Trois Saintes Maries, who gave their names to the town of Saintes-Maries-de- the sea). Carried away by the currents, the unfortunate pilgrims drifted as far as the Rhône only to run aground a few days later, safe and sound, on Provençal soil. The survivors then separated, Marie Madeleine retired to the Massif de la Sainte-Baume (another fascinating legend!), Marie Salomé, Marie Jacobé and Sarah will remain in Saintes-Maries-de-la-Mer, Lazare became the first bishop de Marseille and Marthe took the direction of Tarascon, where the legend of a terrible and dangerous dragon was spreading. It was said that his size was incredible, his pestilential breath, that from his eyes came out like flames and that from his jaw, armed with sharp teeth, were heard piercing hisses and horrible roars. The beast tore with its teeth and claws everything it came across and the mere infection of its breath was enough to kill anything that came too close to it. Every day we deplored the loss of new herds, shepherds and villagers. The dramas caused by the monster being the ordinary subjects of conversation, they quickly reached the ears of Marthe, who was begged by the crowd to annihilate this terrifying beast.

« If the Messiah that this holy girl preaches to us has any power, what is she not showing here? For if this dragon were to perish, it could not be said to have been by any human means. »

Marthe said :

« If you are willing to believe, anything is possible for the soul that believes »

So, all having promised to believe, Marthe confidently goes to the dragon’s mark and appeases its ferocity with a sign of the cross. She then ties the neck of the beast with a belt she wore and leads it to the crowd: « Approach boldly in the name of the Savior, and destroy this poisonous monster! » After some hesitation, the crowd throws themselves on the beast, admiring the courage of Saint Martha who stands still and does not seem to experience any feeling of dread. This deserted place was previously called Nerluc (or Bois Noir), but from that moment it was named Tarascon, from the dragon that was called Tarasque. The Tarascon desert having been delivered from all the reptiles that infested it, Sainte Marthe chose a home there, transforming this previously dreaded place into a pleasant stay. Today she is the Patron Saint of the City, her tomb is in the crypt of the Romanesque church bearing her name, built on the very spot where her house was located.

Did you know this story? My book is overflowing with stories as good as this one, I would share them with you with pleasure if this kind of article interests you 🙂 If you wish to offer it to yourself, it is therefore the book « Histoires et Légendes de la Mysterious Provence » published by Claude Tchou. See you soon !

2 commentaires sur “Histoires et légendes de Provence #1

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