Souleiado, une déclaration d’amour à la Provence

Il se passe quelque chose de particulier lorsqu’en Provence, on sort de chez soi en portant un vêtement de la marque Souleiado. On ressentira rapidement quelques regards, quelques murmures cherchant peu discrètement à confirmer si « c’est un Souleiado?« , on recevra des sourires attendris, des hochements de tête bienveillants et sûrement une bonne flopée de compliments. On aura peu à peu l’impression de faire partie d’un clan, d’une famille dont les membres ne se connaissent pas mais savent se reconnaître. Ici, dans le Sud, tout le monde a une histoire, une anecdote, un souvenir à raconter avec Souleiado. Apercevoir un tissu de la marque renvoi souvent à un héritage familial, à une évocation des traditions et de l’authenticité de la Provence. C’est une marque historique, qui se raconte parfois avec nostalgie, souvent avec ferveur et enthousiasme.

A Arles avec le sac-à-main Adiana

Puisque je suis née ici, je ne déroge pas à la règle et j’ai moi aussi une histoire à raconter à propos de Souleiado. Lorsque j’étais enfant, Souleiado rimait avec trésor : les sacs, foulards, chemises de la marque étaient précieusement rangés et sortis pour de grandes occasions. J’admirais alors avec fierté les membres de ma famille revêtir solennellement leurs pièces préférées, complimentant tour à tour leur tenue, flattant leurs reflets dans le miroir. Je discernais l’importance d’un évènement au nombre de pièces Souleiado qui étaient alors portées, avec comme point culminant la chemise « Mouche » bleu marine dont mon grand-père se pare encore aujourd’hui, lorsqu’il estime qu’une célébration en est digne. Ce sont des pièces intemporelles, qui constituent notre trésor de famille puisqu’elles sont associées aux plus beaux et plus marquants instants de nos vies.

Au Pont-du-Gard avec la chemise « Mouche » piquée à mon grand-père

Imaginez alors mon émotion lorsqu’il y a quelques mois, je fus contacté par la marque. L’univers provençal et authentique de « Marcel et Moi » semble leur plaire, ils souhaitent faire ma connaissance. Je rencontre timidement quelques jours plus tard Lise et Florence à Tarascon, rue Charles Demery, pour un plongeon dans l’histoire et l’univers de la marque. Le musée d’abord, que j’ai visité tant de fois étant enfant (les écoles de Tarascon y emmènent souvent leurs élèves!) déclenche soudain un intérêt particulier chez moi. Est-ce parce-que j’ai grandi ? Peut-être. Je pense qu’il s’agit plutôt de la visite guidée passionnée que m’offre alors Lise, dont les connaissances pointues, les anecdotes captivantes et l’enthousiasme général m’émerveillent un peu plus à chaque changement de pièce de cette ancienne fabrique de la marque. Je découvre l’histoire fascinante de Souleiado, apprend qu’elle a traversé les siècles et me fait envoûter par ses détails, qui ressemblent à un conte provençal. Avant de partir, Florence et Lise proposent de m’offrir quelques pièces de mon choix, qui trouveront elles le savent, une place dans ma vie et dans l’univers de Marcel et Moi. Difficile de décrire l’honneur, la fierté et la reconnaissance que je ressens alors, parcourant les collections, intimidée par la beauté des tissus et par l’histoire qu’ils ont en héritage. Je repense à la naissance des « Indiennes Provençales » sur le Port de Marseille en 1648, à l’effervescence qu’elles provoquent dans le sud de la France, puis à la loi interdisant leur fabrication et leur port, sous peine de mort. Je repense à ces bouts de tissus, permettant d’identifier les enfants abandonnées à Marseille, à l’implantation de manufactures en Provence, à ces techniques d’impression et à ce savoir-faire si particulier, à tout le mouvement qu’ont du créer ces ateliers dans la vie de si petites villes du sud et de leurs habitants. J’imagine les anecdotes incroyables que doivent se transmettre les familles du coin et repense à la mienne, de famille et à la fierté qu’ils auront en me voyant rentrer avec mes propres pièces Souleiado.

Dans un champ à Jonquières-Saint-Vincent, la nappe Baumanière

Et en effet, les yeux de ma grand-mère n’ont jamais autant brillé qu’en me voyant porter la merveilleuse robe « Lavandou », ne comprenant pas bien pourquoi tout cela m’a été offert, mais admirant chaque coutures, chaque motifs avec la passion et l’intérêt d’une couturière qui sait reconnaître du bon travail. Je raconte alors mon engouement pour l’histoire de Souleiado, l’accueil adorable de Lise et Florence, ce musée fascinant, la beauté des lieux et fais, à la demande générale, un défilé à l’ombre des cyprès pour montrer les pièces qui m’ont été offertes, sous les exclamations tonitruantes d’une famille qui sait faire preuve d’enthousiasme.

Au Château de Lauris avec la robe Lavandou

Depuis ce jour, lorsque je porte du Souleiado, je reçois avec fierté les compliments et regards connivents des passants, réfrénant l’envie de tout leur raconter, à eux aussi, depuis le début. Vous me verrez souvent en porter sur le blog, sur Instagram, dans la rue, au marché, en Camargue, dans les champs, chaque pièce a une histoire, chaque pièce est une déclaration d’amour à la Provence et à ses habitants.

Je ne peux que vous conseiller de visiter le musée dédié à la marque, à Tarascon (offrez-vous une visite-guidée, ça vaut vraiment le coup!), c’est un plongeon dans la culture, les traditions et l’authenticité de la Provence, à travers l’histoire des fameux textiles.

Merci à Florence, à Lise, à l’ensemble de l’équipe Souleiado pour leur confiance, leur gentillesse et pour m’avoir donné l’occasion d’ajouter de belles lignes à l’histoire que ma famille et moi avons avec la marque.

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