LA BALADE PROVENÇALE

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Woods – Who do I think I am ?

Beaucoup de marseillais l’admettent : il faut quitter Marseille pour mieux revenir. S’extirper du brouhaha de la ville est souvent nécessaire pour la retrouver avec légèreté et enthousiasme et c’est précisément ce dont j’avais besoin ces derniers jours, sans parvenir à l’expliquer. Ma meilleure amie, que je considère comme une sportive olympique, a lancé l’idée d’un séjour en Provence, où le vélo serait notre seul moyen de locomotion.  Nous avons établi un itinéraire nous permettant de passer dans de jolis village provençaux, avec Aubagne comme ville de départ et Hyères comme ville d’arrivée. De nombreux contre-temps sont venus mouvementer notre plan initial, sans jamais perturber notre motivation ni notre entrain. Alors OK, le séjour m’a paru incroyablement sportif, voire frustrant les premières heures, où je réalise que non, je ne pourrai pas m’arrêter tous les 10 mètres pour prendre des photos; il n’en reste pas moins que le vélo est le moyen de locomotion idéal pour traverser la Provence et ses petits villages, de par leur proximité géographique et surtout parce-que Provence + cheveux au vent font un sacré bon mélange. 

Nous avons réalisé, au fur et à mesure de notre avancée, la facilité avec laquelle de si beaux endroits peuvent s’offrir à nous. Le sud de la France regorge véritablement de merveilles et seulement quelques kilomètres séparent Marseille de petits villages isolés, où commander une grenadine en terrasse suffit à se déconnecter du tourbillon marseillais. Nous avons évidemment emprunté des routes de campagnes pour rejoindre nos étapes quotidiennes et entendre les premières cigales chanter alors que nous traversions des champs d’oliviers est sans doute le plus beau souvenir que je garde du séjour. Le premier jour, alors que nous explorions le village de Saint-Zacharie, nous avons découvert un immense jardin caché à l’abris des regards, agrémenté par des fleurs dont nous ignorions le nom, une cascade naturelle et un lac rempli de nénuphars. Nous nous sommes dit, en trempant nos pieds à l’intérieur, que nous étions bêtes de nous borner aux week-end marseillais et avons fait la solennelle promesse de partir à l’aventure plus souvent. C’est un immense bord d’air frais qui nécessite peu d’argent et d’organisation, et qui ressemble pourtant aux séjours typiques et luxueux que s’arrachent les touristes. 

J’avais peur d’être fâchée contre Marseille à notre retour. J’appréhendais le bruit des klaxons, la densité de la population, la disparition des cigales, des lacs de nénuphars et des terrasses silencieuses. Mais les marseillais avaient raison. Où qu’on soit allé, on retrouve toujours Marseille avec un sourire malicieux et on s’en veut un peu de lui avoir tourné le dos à la gare St Charles. 

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