LES MURS MARSEILLAIS

Je crois que le montage de cette vidéo donne de l’inspiration à ma coloc Julie qui est entrain de siffloter comme un petit rossignol dans sa chambre. 

Je réalise que beaucoup de personnes de mon entourage, qui ne connaissent pas Marseille, en ont une image horriblement négative. La violence, la saleté, les murs remplis de tags insultant la police, des voitures qui brûlent tous les mètres, des stations de métro où mieux vaut ne pas poser un orteil sont souvent les clichés qui alimentent les conversations. Je n’ai pas encore fait un tour complet de la ville, mais j’essaie d’élargir mes balades loin de ma « zone de confort » qu’est le centre-ville, pour explorer de nouveaux coins et me faire ma propre idée de Marseille. Depuis un an, comme on peut s’en douter, n’en résulte qu’une idée très positive. Je pense avoir dépassé la phase d’émerveillement qui se produit souvent lorsque l’on s’installe dans une nouvelle ville et qui pourrait rendre mon jugement naïf ; je prends conscience des points négatifs qu’implique la vie ici et pourtant, je suis toujours aussi excitée à l’idée de vivre dans le coin. J’avais envie de parler des façades marseillaise depuis un bon bout de temps, mais sans image à l’appui, c’est pas évident. Loin des clichés sur la violence des tags marseillais, je suis toujours aussi surprise de découvrir de véritables oeuvres d’art sur les murs. Le quartier de la Plaine est comme un musée à ciel ouvert, flâner dans ses rues sans appareil photo c’est prendre le risque de s’en mordre les doigts. Des artistes se sont emparés de chaque centimètre de mur pour laisser libre court à leur imagination, ce qui rend l’atmosphère incroyablement poétique. C’est ce que j’aime par dessus tout ici : le fait de s’approprier la ville, ses murs, ses parcs, ses rues, rien ne reste figé, Marseille est aux marseillais. Et puis sur ces façades, il n’y a pas que des tags. Vous pouvez être sûrs de voir du linge sécher par les fenêtres, sous le Mistral, dans toutes les rues. Des pots de fleurs multicolores accrochés ici et là, des drapeaux supportant une équipe de foot, des messages scotchés sur des portes, que des voisins se laissent entre eux. Des messages révoltés, des appels au rassemblement, des avis politiques à n’en plus finir. Des déclarations d’amour à gogo, DES DEMANDES EN MARIAGE (vers le Vallon des Auffes, si vous passez votre tête par dessus la Corniche vous apercevrez un « Will you marry me? », à deux pas de la mer, qui me rend gnian-gnian puissance 8 millions dès que je le vois). Sûrement dû au beau temps continuel, plutôt que de rester cloitrés dans un appartement, les marseillais habitent littéralement leurs rues et en décorent les murs. On se rencontre entre voisins, on scotche des petites annonces sur les façades, on discute sur un trottoir, on est à la maison.

# Julie s’attaque à la playlist Disney. 

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