LE CARNAVAL DE LA PLAINE

Savez-vous ce que l’on ressent quand, en rentrant du travail par un après-midi de dimanche gris, on tombe nez à nez, dans sa propre rue, avec une horde de gens enfarinés, un énorme dindon en carton et des enfants déguisés en super-héros ? C’est le scénario surréaliste que j’ai vécu tout à l’heure. Je savais qu’une sorte de carnaval se tramait quelque part vers la Plaine, mais n’avais aucune idée du nombre incroyable de personnes que ça mobiliserait, que ma rue en serait le théâtre et que cela susciterait un engouement vraiment dingue. J’arrive donc naïvement rue d’Aubagne, hyper excitée à l’idée d’y faire la fête un dimanche après-midi. C’était sans compter la règle du carnaval : les personnes n’étant pas déguisées sont les premières cibles qu’il faut attaquer à coup d’oeufs et de grandes poignées de farine. J’essaie donc de me frayer discrètement un chemin jusqu’à mon appartement, où je trouve mes colocs adossés aux fenêtres, sirotant une bière en observant ce joyeux remue-ménage. Et là je me dis que j’ai une sacrée chance de vivre ici. Dans cette ville, dans ce quartier, dans cette rue. Je viens d’un petit village de campagne, où tout le monde se connait et où l’ambiance est aussi chaleureuse que conviviale. Mes années d’étude un peu partout en France m’ont éloigné de cette proximité humaine, de cette ambiance si importante pour moi. Je l’ai retrouvé en m’installant à Marseille, ce qui est un peu paradoxal quand on pense que c’est la deuxième plus grande ville de France. Marseille, c’est pour moi un petit village. L’ambiance si populaire, si joyeuse, si accueillante, donne l’impression que l’on peut être ami avec tout le monde, que l’on est à la maison. Après m’être gentiment moquée de mes colocataires préférant observer le carnaval par la fenêtre, j’ai enfilé un vieux pull et rejoins la parade dans laquelle je me suis facilement intégrée. Je ne connaissais personne, mais je crois que c’est ce dont j’avais exactement envie. Et puis, difficile de se sentir seule lorsque l’on est entourée par des centaines de gens qui se trémoussent au son de la fanfare. Une des fanfares en question était Le Pompier Poney Club. Je crois que je suis leur plus grande groupie, après avoir assisté à plusieurs de leurs concerts, je suis allée LOUER UN SAXOPHONE POUR UN AN, dans l’espoir de jouer aussi bien qu’eux un jour (#weird). Et c’est pas gagné. Bref, une chose est sûre, l’année prochaine je me prépare un super déguisement pour le carnaval de la Plaine. J’espère vivre encore un bon bout de temps dans ce quartier. Je ne connais pas encore la ville comme ma poche, mais je réalise petit à petit que j’ai de la chance de vivre dans ce coin là, il s’y passe des choses incroyables. 

La musique de la vidéo vient du Pompier Poney Club, si vous êtes de passage à Marseille vous les croiserez surement sur le Vieux Port, portant des tenues improbables. S’ils jouent le morceau Belsunce Breakdown au saxo, vous aurez gagné votre journée.

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