L’HIVER A LA MER

Passer Noël face à la Méditerranée, c’est un chouya déstabilisant. Le soleil brille, les bateaux passent, l’eau n’a même pas l’air si froide que ça. Les passants dans la rue tiennent leurs manteaux à la main, les terrasses ne désemplissent pas et on entend toujours le bruit des glaçons remuer dans les verres de pastis. Je lutte pourtant pour maintenir la magie de Noël même si j’ai fait une croix sur les rues enneigées, les courses de luge et les chocolats chauds qui réchauffent. A vrai dire, je n’aime pas trop cette période à Marseille. J’ai l’impression que tout le monde oublie que c’est bientôt Noël, ou alors que tout le monde s’en fiche. C’est comme si je venais d’atterrir dans une dimension parallèle où Noël n’existe pas. Les rues ne sont pas vraiment décorées, le marché du Vieux-Port est l’arnaque du siècle, les commerçants installent à peine une pauvre guirlande dans leur vitrine, bref, j’ai très envie de passer un coup de fil au maire pour l’aider à se reprendre en main « TU FOUS QUOI JEAN-CLAUDE ?! TA VILLE VA MAL » .
 
Et puis, je suis allée me balader au bord de la mer et ça m’a un peu réconciliée avec Marseille. La mer en hiver a quelque chose de fabuleusement apaisant, réconfortant. J’imagine qu’on ne peut pas tout avoir, il faut choisir entre temps idyllique et ambiance noélique. Promesse à moi même : l’année prochaine, partir en week-end dans une ville qui maîtrise la magie de Noël pour avoir ma dose et ne pas menacer de vouloir partir à tout jamais de Marseille sous prétexte qu’il n’y a pas de jolies guirlandes dans les rues. La vidéo n’est donc pas très festive mais je n’ai pas voulu mentir sur l’ambiance générale, et puis, après tout, un hiver à la mer c’est pas si mal que ça !
 

Dimanche.

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Mes dimanches préférés sont ceux passés à Marseille, entre copains, où l’on se rejoint à midi les yeux cernés, fatigués mais ravis de se retrouver. Les dimanches où l’on flâne ensemble dans le calme des rues marseillaises, se racontant les souvenirs parfois flous de la soirée de la veille, à la recherche d’un endroit où déjeuner. Ce dimanche-là était encore mieux que les autres : le temps était merveilleux et le trajet pour rejoindre mes amis si calme et ensoleillé qu’il a suffit à me mettre d’excellente humeur toute la journée, j’aurais aimé ne jamais avoir à arrêter de marcher. J’adore Marseille le dimanche, les terrasses de quartiers sont remplies de gens détendus, souriants, faisant s’éterniser leur déjeuner. Vincent avait proposé de nous inviter au restaurant comme ça, juste parce-qu’on est amis et que ça lui faisait plaisir. Chouette non? Nous nous sommes retrouvés dans un drôle de restaurant Tibétain du quartier du Panier, le « Potala Korner » où j’ai gouté pleins d’aliments pour la première fois, ce qui m’a donné sérieusement envie de voyager, mais avec pour principal but la découverte de nouvelles gastronomies, c’est une une raison suffisante pour partir en voyage, non ? Nous sommes ensuite allés profiter des doux rayons du soleil au Fort St Jean, avant d’aller se réchauffer avec un thé à la menthe rue d’Aubagne. 

Marseille semble faite pour les dimanches. L’agitation quotidienne disparaît mais la ville ne se vide pas, elle prend tout à la légère, heureuse de voir que ses habitants ne la quitte pas le week-end. 

YA PLUS D’SAISON

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Si il y a bien quelque chose qui me rend hyper heureuse, c’est le changement de saison : les petites fleurs du printemps, la chaleur estivale, les belles couleurs de l’automne et l’odeur de cheminée de l’hiver. Seulement, je me rends compte qu’à Marseille tout est figé, cette ville est faite pour l’été et snobe les autre saisons. Les marseillais s’obstinent à boire des verres en terrasse malgré les rafales de Mistral qui renversent leur pastis, ils ne sortent jamais leur parapluie sous une averse, parce-que ça ne durera pas, ils se pavanent quand des touristes s’étonnent d’un si beau temps en novembre et font courir la rumeur qu’on peut se baigner à Malmousque jusqu’au mois de décembre. Je me suis donc mise à explorer les alentours, mon nouveau quartier, des lieux inconnus, dans l’idée de trouver des preuves du changement de saison : des paysages jaunes et oranges, des feuilles qui s’envolent, des cafés douillets où boire de bons chocolats chauds et manger des gaufres sur de chaleureux canapés. Et bien malgré toute ma bonne volonté, je n’ai rien trouvé de tout ça, nada, walou. C’est comme si nous vivions une période de transition, comme si nous étions dans une salle d’attente dénuée d’intérêt en attendant le retour de l’été. Alors tant pis pour Marseille, des copains et moi sommes partis à la recherche de petits signes automnaux ailleurs.
A environ 1h de Marseille, la forêt de la Sainte Baume nous semblait être le décors parfait. Et c’est bien le cas ! C’est une forêt primaire, c’est-à-dire qu’elle n’y a subit aucun impact humain : la plupart des arbres ont plus de 100 ans et rendent le lieu aussi obscur que solennel. Nous étions partis dans l’idée d’une cueillette de champignons, pour jouer la carte automne à fond. La Sainte Baume n’est clairement pas le lieu approprié si vous envisager une maxi-omelette aux champignons, nous en avons difficilement déniché 4, sans vraiment être sûr qu’ils soient comestibles. Mais cette balade en forêt nous a apporté à tous la bouffée d’air frais dont nous avions besoin, j’ai réussi à me sentir en automne et c’est tout ce qu’il me fallait. J’attends maintenant l’arrivée de l’hiver et surtout de Noel, des guirlandes lumineuses et des marrons grillés au quart de tour, avec une batte de baseball à la main. Tu me feras pas deux fois le coup Marseille.
 
Si par un merveilleux hasard vous connaissez des lieux-douillets à Marseille, n’hésitez pas à m’envoyer un message, j’ai encore un chouya d’espoir !

QUITTER LA RUE D’AUBAGNE

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Ma vie rue dAubagne, dans le quartier de Noailles se termine et je suis sans surprise, un peu nostalgique.

C’est bête, parce que je reste à Marseille et aménage à peine quelques rues plus loin. Mais ce quartier a une vie intime bien particulière, il se passe du lever du soleil jusqu’à son coucher un millier de choses, que seuls les habitants privilégiés peuvent observer. Un simple passant ne ressentira pas l’ensemble de la rue, il passera rapidement, sans y prêter attention, à peine intrigué par l’agitation générale. J’ai adoré vivre ici, dans ce qui se fait appeler le cœur de Marseille, là où tout se passe, là où la vie grouille, où l’on se bat, où l’on crie, où l’on danse, où l’on se réconcilie. Quelle fierté de dire que c’était ma rue, celle où des gens vont chez le coiffeur à 4h du matin, celle où l’on trouve les meilleures épices de Marseille, cette rue où l’on reconnait tout le monde, où l’on se sent à la maison, à Marseille. Je l’ai pourtant détesté cet été, quand la chaleur étouffante condamne les fenêtres à rester ouvertes, quand le bruit des bagarres et des fêtes tardives devient synonyme de nuit blanche. Les nuits blanches rue dAubagne… Je me revois accoudée à ma fenêtre du 2ème étage, morte de chaud et de fatigue à 5h du matin, observant avec lassitude le spectacle des gens hurlant de rire ou de colère, improvisant un concert de tam-tam déclenchant les aboiements des chiens de la rue, se resservant un verre sans y prêter attention. Ces scènes là m’ont values de sacrées cernes tout l’été,  je sais pourtant qu’elles me manqueront.
Je suis malgré tout ravie de déménager dans un nouveau quartier, une nouvelle ambiance. Tout est à découvrir, de nouvelles habitudes sont à construire et j’ai hâte de plonger dans cette nouvelle vie. Parce qu’à Marseille, chaque quartier a une vie bien différente, et je me demande bien si j’arriverai un jour à en faire le tour.
 
 

Cet article manque définitivement de couleurs, promis le prochain sera plus folichon !

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LA RENTRÉE

C’est la rentrée de Marcel & moi ! Rentrée un peu tardive, à laquelle je pense pourtant depuis la fin du mois d’août. J’ai été prise dans une sorte de tourbillon de nouveautés, de changements, d’où je parviens enfin à sortir le bout de mon nez.
Nouveau travail + nouvelle vie dans un nouvel appartement, un nouveau quartier marseillais. Je suis excitée comme une puce, ce qui ne m’a pas aidé à prendre le temps de m’assoir devant mon ordinateur pour tapoter quelques articles. Maintenant que cette agitation s’éloigne peu à peu, je suis ravie de pouvoir me remettre à la rédaction de marceletmoi, convaincue que cette nouvelle vie va être une bouffée d’air hyper frais.

 

Je ne sais même pas par où commencer :  les souvenirs de l’été marseillais qui n’a pas l’air de vouloir partir ? Mes adieux à la rue d’Aubagne qui restera à tout jamais ma rue préférée ? Ces nouveaux quartiers que je découvre grâce à mon travail, très loin des spots touristiques, et qui méritent pourtant le détour ? Ces dizaines de petits restaurants où j’aimerai être en pension complète jusqu’à la fin de ma vie ? Un retour d’expérience sur une colocation marseillaise de 11 personnes ? Je déborde d’envies et mon ordinateur de post-it où sont griffonnées des dizaines d’idées.

 

J’imagine que cette coupure estivale prolongée n’a pas été un coup marketing très ingénieux pour l’augmentation des lecteurs passant par là, mais à vrai dire, tant qu’un ou deux fidèles lecteurs y jettent un œil (la famille de Julie, si vous passez par là, je vous dois tout), je me sens investie d’une super mission !

 

J’espère que votre rentrée s’est passée à merveille et qu’elle annonce tout un tas de nouveautés excitantes dans vos vies.

 

A très vite pour de nouvelles aventures !

 

LE FERRY-BOAT

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Vous avez certainement déjà entendu parler du Ferry-Boat, cette navette maritime traversant le Vieux-Port, de la Mairie jusqu’à la Place aux Huiles. Il a refait apparition à Marseille il y a à peine quelques mois et j’en suis enchantée pour plusieurs raisons. Étonnement pas parce-que j’en aurai une utilité particulière, j’adore contourner le Vieux-Port à pieds et à moins d’être un jour tétraplégique, ce qui serait fâcheux, je n’imagine aucune situation qui me pousserait à l’emprunter. Mais la réapparition du Ferry-Boat me ravit, d’abord parce-que c’est un plongeon immédiat dans les livres de  Pagnol. J’ai récemment relu Marius, qui décrit avec espièglerie la ville de Marseille et la navette maritime y tient un rôle à part entière. C’est un véritable symbole ici, la première traversée date du 3 juin 1880 et j’adore imaginer l’ambiance qui devait alors régner autour du Vieux-Port, quel genre de passagers devaient impatiemment attendre l’arrivée de la navette, comment elle a évolué au fil des années, pourquoi elle reste aussi populaire. Je crois qu’il s’agit avant tout d’une tradition chère aux yeux des marseillais, qui en ont sûrement aussi peu d’utilité que moi (le trajet dure un peu plus de 3 minutes, ce qui paraît un peu LONGUET pour une traversée de 280 mètres). Mais le nombre d’anecdotes, de légendes, de souvenirs tournant autour du Ferry-Boat suffisent amplement à justifier sa présence au Vieux-Port. Et puis, Marcel Pagnol avait raison. Comme dans ses livres, les marseillais prononcent toujours « Ferry-Boâte » et après avoir trouvé ça hilarant quelques mois, j’ai décidé que c’est comme ça que je l’appellerai aussi. Littéralement, le Ferriboateuh. 

L’ÉTÉ MARSEILLAIS

Hé salut !

La réalisation de cette vidéo a pris une éternité. Malgré mon envie de partager rapidement quelques astuces pour profiter de l’été marseillais, j’ai été confronté au problème du « je n’ai pas envie de trimballer mon appareil photo partout » et ai eu du mal à y consacrer du temps. J’ai définitivement laissé tomber smartphones et tout le tralala pour m’investir entièrement dans mes activités, sans penser à autre chose. Le fait de devoir filmer les instants cool de mon été marseillais impliquant de devoir être prête à dégainer mon appareil photo n’importe quand était donc un peu gênant. Je réfléchis à une solution pour la suite de mes vidéos, que j’aimerais naturelles et spontanées.

L’été marseillais a véritablement quelque chose de particulier. La vie se passe dehors, et si possible à Malmousque, sur un rocher. Un brouhaha nocturne remonte de ma rue jusqu’à ma fenêtre, m’empêchant gentiment de dormir et je crois que je ne m’en plains pas. A la coloc, une dizaine de ventilateurs tournent continuellement, et je découvre souvent des colocataires en slip en rentrant à l’appart. La vie est belle, insouciante, je me réveille le matin avec cette chanson, imaginant secrètement qu’elle a été écrite pour moi. J’aimerais avoir toujours 24 ans, pendant l’été marseillais.

Voici donc ma liste des 10 choses à faire absolument si vous passez l’été à Marseille :

  1. Une escapade aux îles du Frioul. L’archipel du Frioul est situé à environ 7km de Marseille. Un bateau navette qui se prend au Vieux-Port vous y amènera rapidement, avec un arrêt éventuel à l’île d’If, où se visite le château du même nom. Les îles du Frioul regorgent de petites criques, habitées par des gabians (de grosses mouettes pas sympatoches) où vous pourrez vous prendre pour Robinson Crusoé le temps d’un après-midi.
  2. Une soirée à la Plaine. À deux pas du quartier de Noailles, la Plaine est le lieu où se retrouvent les marseillais pour profiter des terrasses animées. On y trouve un millier de bars à l’ambiance joyeusement populaire, où vous pourrez commander une mauresque en écoutant les marseillais parler de foot, et c’est à peine cliché.
  3. Un match au Vélodrome. Je ne suis clairement pas une grande fan de foot, j’ai pourtant rapidement eu envie de découvrir le stade du Vélodrome dès mon arrivée à Marseille. Parce-que tout le monde en parle, le stade est un lieu incontournable où les matchs représentent bien l’ambiance de la ville. On crie, on chante, on critique l’arbitre sans trop savoir pourquoi, on se sent copains avec tous les supporters, même si on est du côté des polonais et qu’on a du mal à saisir les paroles de leurs chansons.
  4. Une partie de pétanque au Boulodrome. Marseille déborde sans surprise de terrains de pétanque. Mon préféré reste celui du Cours Julien, où sont organisés les soirs d’été des « apéros-pétanque ». Vous pourrez y commander un pastis à un euro, le temps de réfléchir à votre stratégie de jeu.
  5. Un concert sur le toit-terrasse de la Friche la Belle de Mai. Chaque vendredi et samedi soir, la Friche ouvre son immense toit-terrasse et fait danser les marseillais. C’est sans aucun doute mon lieu préféré pour admirer les couchers de soleil à Marseille. La lumière en début de soirée y est merveilleuse, mes colocs et moi adorons nous y retrouver pour fêter le début du week-end avec une vue particulièrement chouette sur la ville.
  6. Une assiette de Panisses dans le quartier du Panier. Qui sont des sortes de frites à la purée de pois chiche 100% made in Marseille. Passer des vacances ici, c’est avoir l’occasion de découvrir la gastronomie locale, évitez les restaurants du Vieux Port, mieux vaut arpenter les petites rues à la recherche d’un bon restaurant, et bonne nouvelle, c’est la saison de la bouillabaisse !
  7. Une visite insolite. J’ai récemment visité une usine de savon de Marseille et l’expérience vaut le détour. La savonnerie La Licorne située au Cours Julien propose plusieurs créneaux de visites gratuites dans la journée. Vous y découvrirez les secrets de fabrication du savon de Marseille, en éternuant sans interruption pendant les 30 minutes de visite à cause de la forte odeur de savon, ce qui a le mérite d’être marrant.
  8. Un plongeon à Malmousque. Ca devrait être le numéro 1, la première chose à faire en arrivant ici : prendre le bus 80 depuis le Vieux-Port, descendre à l’arrêt Endoume et rejoindre les rochers de Malmousque à pied. ET AVEC DE BONNES CHAUSSURES, parce-que les tongs à Malmousque, ça pardonne pas.
  9. Une balade dans le marché des Capucins. Pendant la coupe de l’Euro, je me rappelle avoir observé avec beaucoup de compassion un 4×4 allemand engagé par mégarde rue Longue des Capucins, en plein dans le marché. C’est, je crois, une erreur dont le conducteur se remémorera toute sa vie en tremblant. Parce que le marché des Capucins, c’est une fourmilière géante où l’on peine à se faufiler à pied, où il ne vaut mieux pas être agoraphobe pour acheter une salade. C’est malgré tout mon lieu marseillais préféré, le coeur de la ville, où partir à la recherche d’un kilo de carottes devient une balade poétique.
  10. Une séance de cinéma en plein air. Parce-qu’il fait bien trop beau pour s’enfermer, la ville propose jusqu’en septembre des projections de films Place du Refuge ou sur le toit-terrasse de la Friche. C’est gratuit, c’est convivial et vous pouvez même prendre votre assiette de panisses avec vous.

LES CARTES D’ARNAUD

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Il y a quelques jours, lors d’une balade dans le quartier du Panier, je découvre par hasard un stand présentant une série de cartes postales particulièrement originales. « Bon baisers de Marseille » illustré par une montagne d’ordures, « Réintroduction du Panda géant des Calanques », le montage d’une baleine plongeant dans le Vieux-Port, James Bond nonchalamment assis sur la Corniche, autant d’images décalées et particulièrement drôles représentant Marseille. Intriguée, je rentre dans la boutique où le responsable m’explique que lui et deux de ses amis sont à l’origine de ces drôles de cartes. J’adore immédiatement le concept du « Marseille version second degrés », de quoi rafraîchir les traditionnelles photos du Vieux-Port ou de Notre-Dame de la Garde, qui sont, on va pas se le cacher, ennuyeuses à mourir. 

Arnaud travaille avec ses copains dans un atelier rue Caisserie à Marseille. Je suis restée un bon bout de temps avec lui, m’esclaffant devant chaque carte, avant de lever les yeux sur le reste de ses créations. Son truc, c’est de détourner des objets du quotidien pour en faire de véritables oeuvres d’art. Et c’est vraiment réussi, sa série de vases réalisés à partir de simples bouteilles de verre est plutôt impressionnante. Et puis Arnaud, il est gentil. Je l’appelle aujourd’hui pour lui demander si je peux passer, il me répond que son atelier est fermé le lundi mais que…. allez, ok. Très gênée à l’idée qu’il ouvre le magasin rien que pour moi, je me sens rapidement à l’aise face à sa bonne humeur et sa décontraction. Il m’explique ses projets à venir, tous aussi loufoques les uns que les autres : une gamme de savons de Marseille aux noms hilarants, un « horoscope marseillais »… J’imagine très bien les fous-rires que ce florilège d’idées a dû entraîner dans l’atelier et j’aurais adoré assister à cette joyeuse réunion de copains.

En offrant ses cartes à mes amis et en voyant leurs réactions, je me dis qu’Arnaud et son équipe ont bien réussi leur coup. Vendre des cartes postales complètement détournées de Marseille en plein quartier touristique, c’est l’idée géniale qu’on aurait tous voulu avoir. Qui sait, peut-être qu’Arnaud parviendra à faire croire à un groupe de touristes que les Calanques abritent une famille de pandas. 

Pour garder un sacré souvenir de votre passage à Marseille et faire croire à votre collègue de bureau que vous avez croisé la Panthère des Calanques alors que vous vous baladiez innocemment en tongs, rendez-vous à l’Atelier au 23 rue Caisserie 13002 Marseille ouvert l’après-midi du mercredi au dimanche ! 

QUAND MARSEILLE DORT ENCORE

Depuis quelques jours, Marseille accueille l’Euro, une bonne grosse compétition de football qui mobilise les foules. La ville vit à 100 à l’heure et l’arrivée de l’été la transforme en une véritable fourmilière. Même si j’adore ce dynamisme et l’aspect festif que cela engendre, je dois avouer avoir récemment ressentis le besoin de calme, de solitude. Mais comment parvenir à s’isoler de l’immense remue-ménage de la deuxième plus grande ville de France ? 

Avez entendu parler du « Miracle Morning » ? Cette théorie qui soutient que se lever deux heures plus tôt que son horaire habituel le matin nous mettrait toutes les chances en main pour être heureux dans la vie. Ce concept est déjà approuvé par un bon tas de gens, profitant de ces deux heures « supplémentaires » pour enfiler leur tenue de yoga, se préparer un petit-dej quinoa-gingembre-flocons-d’avoine-lait-de-soja-bio sans gluten avant d’aller courir un marathon, en communion avec la nature. Par exemple. Le procédé me laisse septique, mais l’idée de me lever très tôt pour profiter du calme de la ville me trottait dans la tête depuis longtemps. Par très tôt, j’entends 5h du matin max, avant que Marseille ne retrouve son animation habituelle.  C’est justement l’horaire auquel ma coloc Julie devait prendre un train ce matin, nous nous sommes rejoints dans la cuisine à 4h45, avec des cernes de la taille des tranchées de Verdun, avant de nous séparer dans une rue d’Aubagne étrangement vide. Je me suis d’abord rendue sur le Vieux-Port, qui a une toute autre allure aux aurores. Le soleil se levait timidement, les premiers pêcheurs n’étaient pas encore là et seuls quelques passants égarés rendait le lieu vivant. J’ai eu l’impression d’avoir Marseille rien que pour moi en découvrant ce port si populaire désert et silencieux, le calme avant la tempête. Un bus direction la Anse de la Fausse Monnaie, une petite crique abritée du Mistral, passait par là. Je m’y suis installée seule, sous le regard curieux du chauffeur et découvrais quelques minutes après l’un de mes lieux de baignade préférés éclairé par de jolies couleurs matinales. Je pensais y croiser malgré tout quelques sportifs invétérés venus plonger à l’aube, mais j’étais seule. Se retrouver seule lorsque l’on vit à Marseille + en colocation avec 10 personnes, ça n’est pas toujours fastoche, j’ai très vite senti l’importance de profiter de ce moment, d’une baignade dans la Méditerranée,  que j’ai perçue comme un grand luxe, une expérience unique. Et je peux vous dire qu’un plongeon matinal dans la mer réveille plus que n’importe quel café, une autre manière de commencer les journées estivales à Marseille, sans passer par la case yoga-quinoa. Après j’ai rien contre le quinoa. 

LA BOÎTE À SARDINE

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J’ai la fâcheuse impression que Marcel & moi prend dangereusement la tournure d’un blog culinaire au vu des derniers articles, mais Marseille a bel et bien sa propre gastronomie et déborde de restaurants fabuleux. J’essaie depuis mon arrivée, d’établir une sorte de palmarès des endroits où bien manger à Marseille, histoire de les faire découvrir à mon tour. La Boîte à Sardine est exactement ce que je cherchais : un restaurant typiquement marseillais, proposant des poissons frais de Méditerranée, aux prix abordables et à la décoration… merveilleuse. C’est le parfait compromis pour les personnes recherchant du 100% marseillais, en évitant toute fois les spots ultra touristiques. L’ambiance à l’intérieur illustre parfaitement l’atmosphère de la ville : conviviale, légère, les serveurs parlent avec un sacré accent, rigolent fort et deviennent des copains avant même de vous servir le dessert. 

J’y ai trainé deux de mes colocs la semaine dernière, rêvant depuis bien trop longtemps d’y pointer le bout de mon nez. Nous avons passé le repas à rire aux blagues des serveurs et à admirer la décoration désordonnée du lieu, qui ressemble véritablement à une sorte de musée de la marine, à un Disneyland du poisson. C’est dit.

En bref, vous avez sous le nez ce que je crois bien être mon restaurant préféré, que j’encourage vivement à tester lors de votre passage à Marseille ! Rendez-vous au 2 boulevard de la Libération avec une bonne boîte de freedent menthe forte, parce-que l’haleine sardine, on s’en lasse vite.

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