LE FERRY-BOAT

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Vous avez certainement déjà entendu parler du Ferry-Boat, cette navette maritime traversant le Vieux-Port, de la Mairie jusqu’à la Place aux Huiles. Il a refait apparition à Marseille il y a à peine quelques mois et j’en suis enchantée pour plusieurs raisons. Étonnement pas parce-que j’en aurai une utilité particulière, j’adore contourner le Vieux-Port à pieds et à moins d’être un jour tétraplégique, ce qui serait fâcheux, je n’imagine aucune situation qui me pousserait à l’emprunter. Mais la réapparition du Ferry-Boat me ravit, d’abord parce-que c’est un plongeon immédiat dans les livres de  Pagnol. J’ai récemment relu Marius, qui décrit avec espièglerie la ville de Marseille et la navette maritime y tient un rôle à part entière. C’est un véritable symbole ici, la première traversée date du 3 juin 1880 et j’adore imaginer l’ambiance qui devait alors régner autour du Vieux-Port, quel genre de passagers devaient impatiemment attendre l’arrivée de la navette, comment elle a évolué au fil des années, pourquoi elle reste aussi populaire. Je crois qu’il s’agit avant tout d’une tradition chère aux yeux des marseillais, qui en ont sûrement aussi peu d’utilité que moi (le trajet dure un peu plus de 3 minutes, ce qui paraît un peu LONGUET pour une traversée de 280 mètres). Mais le nombre d’anecdotes, de légendes, de souvenirs tournant autour du Ferry-Boat suffisent amplement à justifier sa présence au Vieux-Port. Et puis, Marcel Pagnol avait raison. Comme dans ses livres, les marseillais prononcent toujours « Ferry-Boâte » et après avoir trouvé ça hilarant quelques mois, j’ai décidé que c’est comme ça que je l’appellerai aussi. Littéralement, le Ferriboateuh. 

L’ÉTÉ MARSEILLAIS

Hé salut !

La réalisation de cette vidéo a pris une éternité. Malgré mon envie de partager rapidement quelques astuces pour profiter de l’été marseillais, j’ai été confronté au problème du « je n’ai pas envie de trimballer mon appareil photo partout » et ai eu du mal à y consacrer du temps. J’ai définitivement laissé tomber smartphones et tout le tralala pour m’investir entièrement dans mes activités, sans penser à autre chose. Le fait de devoir filmer les instants cool de mon été marseillais impliquant de devoir être prête à dégainer mon appareil photo n’importe quand était donc un peu gênant. Je réfléchis à une solution pour la suite de mes vidéos, que j’aimerais naturelles et spontanées.

L’été marseillais a véritablement quelque chose de particulier. La vie se passe dehors, et si possible à Malmousque, sur un rocher. Un brouhaha nocturne remonte de ma rue jusqu’à ma fenêtre, m’empêchant gentiment de dormir et je crois que je ne m’en plains pas. A la coloc, une dizaine de ventilateurs tournent continuellement, et je découvre souvent des colocataires en slip en rentrant à l’appart. La vie est belle, insouciante, je me réveille le matin avec cette chanson, imaginant secrètement qu’elle a été écrite pour moi. J’aimerais avoir toujours 24 ans, pendant l’été marseillais.

Voici donc ma liste des 10 choses à faire absolument si vous passez l’été à Marseille :

  1. Une escapade aux îles du Frioul. L’archipel du Frioul est situé à environ 7km de Marseille. Un bateau navette qui se prend au Vieux-Port vous y amènera rapidement, avec un arrêt éventuel à l’île d’If, où se visite le château du même nom. Les îles du Frioul regorgent de petites criques, habitées par des gabians (de grosses mouettes pas sympatoches) où vous pourrez vous prendre pour Robinson Crusoé le temps d’un après-midi.
  2. Une soirée à la Plaine. À deux pas du quartier de Noailles, la Plaine est le lieu où se retrouvent les marseillais pour profiter des terrasses animées. On y trouve un millier de bars à l’ambiance joyeusement populaire, où vous pourrez commander une mauresque en écoutant les marseillais parler de foot, et c’est à peine cliché.
  3. Un match au Vélodrome. Je ne suis clairement pas une grande fan de foot, j’ai pourtant rapidement eu envie de découvrir le stade du Vélodrome dès mon arrivée à Marseille. Parce-que tout le monde en parle, le stade est un lieu incontournable où les matchs représentent bien l’ambiance de la ville. On crie, on chante, on critique l’arbitre sans trop savoir pourquoi, on se sent copains avec tous les supporters, même si on est du côté des polonais et qu’on a du mal à saisir les paroles de leurs chansons.
  4. Une partie de pétanque au Boulodrome. Marseille déborde sans surprise de terrains de pétanque. Mon préféré reste celui du Cours Julien, où sont organisés les soirs d’été des « apéros-pétanque ». Vous pourrez y commander un pastis à un euro, le temps de réfléchir à votre stratégie de jeu.
  5. Un concert sur le toit-terrasse de la Friche la Belle de Mai. Chaque vendredi et samedi soir, la Friche ouvre son immense toit-terrasse et fait danser les marseillais. C’est sans aucun doute mon lieu préféré pour admirer les couchers de soleil à Marseille. La lumière en début de soirée y est merveilleuse, mes colocs et moi adorons nous y retrouver pour fêter le début du week-end avec une vue particulièrement chouette sur la ville.
  6. Une assiette de Panisses dans le quartier du Panier. Qui sont des sortes de frites à la purée de pois chiche 100% made in Marseille. Passer des vacances ici, c’est avoir l’occasion de découvrir la gastronomie locale, évitez les restaurants du Vieux Port, mieux vaut arpenter les petites rues à la recherche d’un bon restaurant, et bonne nouvelle, c’est la saison de la bouillabaisse !
  7. Une visite insolite. J’ai récemment visité une usine de savon de Marseille et l’expérience vaut le détour. La savonnerie La Licorne située au Cours Julien propose plusieurs créneaux de visites gratuites dans la journée. Vous y découvrirez les secrets de fabrication du savon de Marseille, en éternuant sans interruption pendant les 30 minutes de visite à cause de la forte odeur de savon, ce qui a le mérite d’être marrant.
  8. Un plongeon à Malmousque. Ca devrait être le numéro 1, la première chose à faire en arrivant ici : prendre le bus 80 depuis le Vieux-Port, descendre à l’arrêt Endoume et rejoindre les rochers de Malmousque à pied. ET AVEC DE BONNES CHAUSSURES, parce-que les tongs à Malmousque, ça pardonne pas.
  9. Une balade dans le marché des Capucins. Pendant la coupe de l’Euro, je me rappelle avoir observé avec beaucoup de compassion un 4×4 allemand engagé par mégarde rue Longue des Capucins, en plein dans le marché. C’est, je crois, une erreur dont le conducteur se remémorera toute sa vie en tremblant. Parce que le marché des Capucins, c’est une fourmilière géante où l’on peine à se faufiler à pied, où il ne vaut mieux pas être agoraphobe pour acheter une salade. C’est malgré tout mon lieu marseillais préféré, le coeur de la ville, où partir à la recherche d’un kilo de carottes devient une balade poétique.
  10. Une séance de cinéma en plein air. Parce-qu’il fait bien trop beau pour s’enfermer, la ville propose jusqu’en septembre des projections de films Place du Refuge ou sur le toit-terrasse de la Friche. C’est gratuit, c’est convivial et vous pouvez même prendre votre assiette de panisses avec vous.

LES CARTES D’ARNAUD

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Il y a quelques jours, lors d’une balade dans le quartier du Panier, je découvre par hasard un stand présentant une série de cartes postales particulièrement originales. « Bon baisers de Marseille » illustré par une montagne d’ordures, « Réintroduction du Panda géant des Calanques », le montage d’une baleine plongeant dans le Vieux-Port, James Bond nonchalamment assis sur la Corniche, autant d’images décalées et particulièrement drôles représentant Marseille. Intriguée, je rentre dans la boutique où le responsable m’explique que lui et deux de ses amis sont à l’origine de ces drôles de cartes. J’adore immédiatement le concept du « Marseille version second degrés », de quoi rafraîchir les traditionnelles photos du Vieux-Port ou de Notre-Dame de la Garde, qui sont, on va pas se le cacher, ennuyeuses à mourir. 

Arnaud travaille avec ses copains dans un atelier rue Caisserie à Marseille. Je suis restée un bon bout de temps avec lui, m’esclaffant devant chaque carte, avant de lever les yeux sur le reste de ses créations. Son truc, c’est de détourner des objets du quotidien pour en faire de véritables oeuvres d’art. Et c’est vraiment réussi, sa série de vases réalisés à partir de simples bouteilles de verre est plutôt impressionnante. Et puis Arnaud, il est gentil. Je l’appelle aujourd’hui pour lui demander si je peux passer, il me répond que son atelier est fermé le lundi mais que…. allez, ok. Très gênée à l’idée qu’il ouvre le magasin rien que pour moi, je me sens rapidement à l’aise face à sa bonne humeur et sa décontraction. Il m’explique ses projets à venir, tous aussi loufoques les uns que les autres : une gamme de savons de Marseille aux noms hilarants, un « horoscope marseillais »… J’imagine très bien les fous-rires que ce florilège d’idées a dû entraîner dans l’atelier et j’aurais adoré assister à cette joyeuse réunion de copains.

En offrant ses cartes à mes amis et en voyant leurs réactions, je me dis qu’Arnaud et son équipe ont bien réussi leur coup. Vendre des cartes postales complètement détournées de Marseille en plein quartier touristique, c’est l’idée géniale qu’on aurait tous voulu avoir. Qui sait, peut-être qu’Arnaud parviendra à faire croire à un groupe de touristes que les Calanques abritent une famille de pandas. 

Pour garder un sacré souvenir de votre passage à Marseille et faire croire à votre collègue de bureau que vous avez croisé la Panthère des Calanques alors que vous vous baladiez innocemment en tongs, rendez-vous à l’Atelier au 23 rue Caisserie 13002 Marseille ouvert l’après-midi du mercredi au dimanche ! 

QUAND MARSEILLE DORT ENCORE

Depuis quelques jours, Marseille accueille l’Euro, une bonne grosse compétition de football qui mobilise les foules. La ville vit à 100 à l’heure et l’arrivée de l’été la transforme en une véritable fourmilière. Même si j’adore ce dynamisme et l’aspect festif que cela engendre, je dois avouer avoir récemment ressentis le besoin de calme, de solitude. Mais comment parvenir à s’isoler de l’immense remue-ménage de la deuxième plus grande ville de France ? 

Avez entendu parler du « Miracle Morning » ? Cette théorie qui soutient que se lever deux heures plus tôt que son horaire habituel le matin nous mettrait toutes les chances en main pour être heureux dans la vie. Ce concept est déjà approuvé par un bon tas de gens, profitant de ces deux heures « supplémentaires » pour enfiler leur tenue de yoga, se préparer un petit-dej quinoa-gingembre-flocons-d’avoine-lait-de-soja-bio sans gluten avant d’aller courir un marathon, en communion avec la nature. Par exemple. Le procédé me laisse septique, mais l’idée de me lever très tôt pour profiter du calme de la ville me trottait dans la tête depuis longtemps. Par très tôt, j’entends 5h du matin max, avant que Marseille ne retrouve son animation habituelle.  C’est justement l’horaire auquel ma coloc Julie devait prendre un train ce matin, nous nous sommes rejoints dans la cuisine à 4h45, avec des cernes de la taille des tranchées de Verdun, avant de nous séparer dans une rue d’Aubagne étrangement vide. Je me suis d’abord rendue sur le Vieux-Port, qui a une toute autre allure aux aurores. Le soleil se levait timidement, les premiers pêcheurs n’étaient pas encore là et seuls quelques passants égarés rendait le lieu vivant. J’ai eu l’impression d’avoir Marseille rien que pour moi en découvrant ce port si populaire désert et silencieux, le calme avant la tempête. Un bus direction la Anse de la Fausse Monnaie, une petite crique abritée du Mistral, passait par là. Je m’y suis installée seule, sous le regard curieux du chauffeur et découvrais quelques minutes après l’un de mes lieux de baignade préférés éclairé par de jolies couleurs matinales. Je pensais y croiser malgré tout quelques sportifs invétérés venus plonger à l’aube, mais j’étais seule. Se retrouver seule lorsque l’on vit à Marseille + en colocation avec 10 personnes, ça n’est pas toujours fastoche, j’ai très vite senti l’importance de profiter de ce moment, d’une baignade dans la Méditerranée,  que j’ai perçue comme un grand luxe, une expérience unique. Et je peux vous dire qu’un plongeon matinal dans la mer réveille plus que n’importe quel café, une autre manière de commencer les journées estivales à Marseille, sans passer par la case yoga-quinoa. Après j’ai rien contre le quinoa. 

LA BOÎTE À SARDINE

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J’ai la fâcheuse impression que Marcel & moi prend dangereusement la tournure d’un blog culinaire au vu des derniers articles, mais Marseille a bel et bien sa propre gastronomie et déborde de restaurants fabuleux. J’essaie depuis mon arrivée, d’établir une sorte de palmarès des endroits où bien manger à Marseille, histoire de les faire découvrir à mon tour. La Boîte à Sardine est exactement ce que je cherchais : un restaurant typiquement marseillais, proposant des poissons frais de Méditerranée, aux prix abordables et à la décoration… merveilleuse. C’est le parfait compromis pour les personnes recherchant du 100% marseillais, en évitant toute fois les spots ultra touristiques. L’ambiance à l’intérieur illustre parfaitement l’atmosphère de la ville : conviviale, légère, les serveurs parlent avec un sacré accent, rigolent fort et deviennent des copains avant même de vous servir le dessert. 

J’y ai trainé deux de mes colocs la semaine dernière, rêvant depuis bien trop longtemps d’y pointer le bout de mon nez. Nous avons passé le repas à rire aux blagues des serveurs et à admirer la décoration désordonnée du lieu, qui ressemble véritablement à une sorte de musée de la marine, à un Disneyland du poisson. C’est dit.

En bref, vous avez sous le nez ce que je crois bien être mon restaurant préféré, que j’encourage vivement à tester lors de votre passage à Marseille ! Rendez-vous au 2 boulevard de la Libération avec une bonne boîte de freedent menthe forte, parce-que l’haleine sardine, on s’en lasse vite.

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LA MEILLEURE GLACE DE MARSEILLE

Il y a quelques jours, mes colocataires et moi avons lancé l’idée d’un marathon de la glace. Nous nous sommes à tour de rôle demandé nos meilleures adresses de glaciers sur Marseille, dans l’optique d’établir un top 3. Nos critères étaient vraisemblablement les mêmes : nous rêvions à l’unanimité d’une glace artisanale, préparée avec des produits frais, que l’on puisse s’offrir en centre-ville. Nous avons donc joyeusement débuté le marathon de la glace, étendu sur plusieurs jours, en se prenant pour de très sérieux critiques culinaires, débattant de nos impressions après chaque bouchées. L’ambiance qui régnait alors sur Marseille contrastait plutôt avec notre quête, puisque nous avons du nous faufiler discrètement entre les supporters russe et anglais, se frappant joyeusement à grands coups de bouteilles de bières. Peace and love les gars, venez plutôt manger une glace à la pistache avec nous.

Voici donc, à l’unanimité, le top 3 des meilleurs glaciers de Marseille, testés et approuvés par un jury hautement qualifié :

N° 1 : L’éléphant Rose à Pois Blanc au 3 rue des Trois Rois 13006 Marseille. Simply the best. Les parfums des glaces / sorbets sortent de l’ordinaire (le sorbet orange-safran est merveilleux) et sont renouvelés presque quotidiennement. Les produits utilisés sont frais et viennent majoritairement du marché paysan du Cours Julien. Le lieu est adorable, sans parler des serveurs qui semblent avoir été embauché pour leur amabilité. Ils vous proposeront à coup sûr de vous faire goûter les différents parfums avant que vous ne preniez votre décision. Parce-que non, un parfum de glace n’est pas un choix à prendre à la légère.

N° 2 : Vanille Noire au 13 rue Caisserie 13002 Marseille. Niveau parfums hors du commun, on peut difficilement faire mieux. Sorbets betterave, huile d’olive, glace au riz au lait, au petit-beurre… ET OUI, c’est étonnement bon. Les parfums classiques sont également disponibles et c’est la qualité des produits qui fait la différence avec une glace artisanale lambda. Une sélection de glace esquimaux absolument adorable est proposée et durant l’été le lieu est ouvert jusqu’à tard dans la nuit, le plan parfait contre les futures insomnies du combo chaleur + moustiques qui sèment la terreur sur Marseille.

N°3 : Le Glacier du Roi au 4 place de Lenche 13002 Marseille. C’est le glacier qui revient le plus souvent lorsque l’on demande « où déguster une bonne glace? » à des gens du coin. Et c’est vrai, la file d’attente suffit à réaliser que ça vaut certainement le coup d’attendre 20mn pour un sorbet fraise. Les glaces sont très travaillées et joliment présentées. En plein coeur du très touristique quartier du Panier, il faudra par contre songer à poser un RTT pour avoir le temps d’y manger une glace en plein mois de juillet.

LA SAINTE-VICTOIRE

Lors de mon arrivée à Aix-en-Provence pour la fin de mes études, j’entendais souvent parler de la montagne Sainte-Victoire, de son histoire avec le peintre Paul Cézanne qui en était fasciné, de sa flore incroyable, des milliers de visiteurs qu’elle a déjà attiré, sans que cela ne développe pourtant un intérêt particulier chez moi. C’était sans compter mon arrivée à Marseille, où je vis en colocation avec un sacré groupe d’aventuriers, débordant d’énergie lorsqu’il s’agit de découvrir Marseille et ses alentours. J’ai passé le week-end dernier avec Jean-Julien et Vincent, me doutant que j’allais être embarquée dans de grandes escapades. Les garçons avaient pour idée d’escalader la Sainte-Victoire jusqu’à son sommet, à environ 1000 mètres d’altitude. Impossible de se dégonfler face à tant d’enthousiasme, nous voilà donc partis tous les trois, sacs à dos sur l’épaule, à la découverte de la fameuse montagne. 

Plusieurs parcours sont proposés, par niveau de difficulté. Mieux vaut suivre attentivement les codes couleur pour ne pas se perdre et ne pas surestimer ses capacités physiques en se lançant dans les parcours difficiles qui nécessitent équipements d’escalade et tout le tralala. Nous avons emprunté le parcours « facile », parce-que j’étais là, menaçant de m’écrouler sur un rocher à chaque seconde (pas de fausse modestie). Un trek des pompiers de France était justement organisé ce jour-là, nous nous sommes donc retrouvés entourés de sportifs olympiques ayant pour mission de gravir la montagne le plus rapidement possible, et je crois que les voir gambader à toute vitesse comme des lapins nous a donné l’énergie nécessaire pour atteindre le sommet. Après 4 heures de marche intense, de coups de soleil, de dérapages incontrôlés et de « rencontres de randonnée » (« alors, ça grimpe hein! ») plutôt absurdes, nous avons fièrement atteint la Croix de Provence, qui aurait été érigée au sommet de la Sainte-Victoire afin d’éloigner la variole de Provence. Et je peux vous dire que n’importe quel pique-nique grignoté face à une vue pareille ressemble à un repas gastronomique. Nous nous sommes allongés dans un coin, à 1000 mètres d’altitude, rafraîchis par un peu de Mistral, et je me suis sentie hyper fière d’être là, entourée de mes deux colocs que je considère secrètement comme deux Indiana Jones des temps modernes. Contre toute attente, la descente n’a pas été plus simple que la montée, les pierres sont particulièrement glissantes et il faut faire preuve de beaucoup de vigilance si l’on veut garder l’usage de ses deux jambes. De retour en bas, nous sommes allés jeter un oeil à la maison Sainte-Victoire, qui se fait un peu POMPEUSEMENT appeler « musée » et qui accueille en ce moment une exposition sur les ânes. De quoi terminer la journée avec un bon gros fou-rire un peu niais et oublier les coups de soleil qui brulent nos épaules.

Je rajoute illico presto la Sainte-Victoire sur ma liste d’activités à proposer aux visiteurs ne connaissant pas la région, c’est un excellent moyen de plonger la tête la première dans un bon condensé des paysages du sud de la France, de découvrir ce qui a largement influencé les oeuvres de Cézanne, une alternative aux visites citadines, une chouette façon de briser la routine marseillaise ! 

LA BALADE PROVENÇALE

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Woods – Who do I think I am ?

Beaucoup de marseillais l’admettent : il faut quitter Marseille pour mieux revenir. S’extirper du brouhaha de la ville est souvent nécessaire pour la retrouver avec légèreté et enthousiasme et c’est précisément ce dont j’avais besoin ces derniers jours, sans parvenir à l’expliquer. Ma meilleure amie, que je considère comme une sportive olympique, a lancé l’idée d’un séjour en Provence, où le vélo serait notre seul moyen de locomotion.  Nous avons établi un itinéraire nous permettant de passer dans de jolis village provençaux, avec Aubagne comme ville de départ et Hyères comme ville d’arrivée. De nombreux contre-temps sont venus mouvementer notre plan initial, sans jamais perturber notre motivation ni notre entrain. Alors OK, le séjour m’a paru incroyablement sportif, voire frustrant les premières heures, où je réalise que non, je ne pourrai pas m’arrêter tous les 10 mètres pour prendre des photos; il n’en reste pas moins que le vélo est le moyen de locomotion idéal pour traverser la Provence et ses petits villages, de par leur proximité géographique et surtout parce-que Provence + cheveux au vent font un sacré bon mélange. 

Nous avons réalisé, au fur et à mesure de notre avancée, la facilité avec laquelle de si beaux endroits peuvent s’offrir à nous. Le sud de la France regorge véritablement de merveilles et seulement quelques kilomètres séparent Marseille de petits villages isolés, où commander une grenadine en terrasse suffit à se déconnecter du tourbillon marseillais. Nous avons évidemment emprunté des routes de campagnes pour rejoindre nos étapes quotidiennes et entendre les premières cigales chanter alors que nous traversions des champs d’oliviers est sans doute le plus beau souvenir que je garde du séjour. Le premier jour, alors que nous explorions le village de Saint-Zacharie, nous avons découvert un immense jardin caché à l’abris des regards, agrémenté par des fleurs dont nous ignorions le nom, une cascade naturelle et un lac rempli de nénuphars. Nous nous sommes dit, en trempant nos pieds à l’intérieur, que nous étions bêtes de nous borner aux week-end marseillais et avons fait la solennelle promesse de partir à l’aventure plus souvent. C’est un immense bord d’air frais qui nécessite peu d’argent et d’organisation, et qui ressemble pourtant aux séjours typiques et luxueux que s’arrachent les touristes. 

J’avais peur d’être fâchée contre Marseille à notre retour. J’appréhendais le bruit des klaxons, la densité de la population, la disparition des cigales, des lacs de nénuphars et des terrasses silencieuses. Mais les marseillais avaient raison. Où qu’on soit allé, on retrouve toujours Marseille avec un sourire malicieux et on s’en veut un peu de lui avoir tourné le dos à la gare St Charles. 

UN PASTIS EN TERRASSE

Est-ce que je peux avouer être secrètement persuadée de vivre dans la plus belle ville du monde ? D’un point de vue extérieur, on se dit que les marseillais sont chauvins et prétentieux, qu’ils exagèrent leur passion pour Marseille, mais plus le temps passe et plus je comprends cette passion débordante. C’est comme vivre une idylle, être amoureux, on ferme les yeux sur les défauts de la ville et on lui porte un regard naïf et bienveillant. Me donner un thème à aborder autour de Marseille est toujours un excellent prétexte pour partir en exploration, ici je n’ai pas vraiment découvert de nouveaux endroits, mais j’ai ressenti les premiers jours de printemps qui ressemblent déjà trop à des jours d’été, me suis mêlée aux quelques touristes photographiant le Vieux-Port et me suis demandée si je me lasserai un jour de cette vue. Alors ok, la musique qui accompagne la vidéo pourrait rendre n’importe quel paysage idyllique, pourtant je trouve qu’elle reflète parfaitement l’ambiance qui flotte à Marseille ces derniers jours. Les habitants semblent heureux, les passants se sourient dans la rue et moi j’ai envie de danser dès que je pose un pied dehors. Les terrasses sont envahies en fin de journée, le sujet du pastis s’est naturellement imposé, parce qu’ici, le pastis est loin d’être un cliché ! Je me suis demandée « où boire le meilleur pastis à Marseille ? » déterminée à faire une étude de marché / tableur excel / power-point / réponse développée en trois parties, et puis j’ai réalisé que le pastis est sensiblement le même partout, c’est le lieu où on le boit qui y apportera le plus de charme. Je peux quand même préciser que si vous êtes de passage en centre-ville, Le Champ de Mars offre la plus grande variété de pastis, Le Petit Nice propose les prix les plus bas et que La Maison du Pastis en produit et vend plus de 75 variétés différentes. J’y ai d’ailleurs rencontré Huguette qui mettait énergiquement de l’ordre sur le comptoir et qui m’a raconté avec enthousiasme l’histoire du magasin. J’aurais aimé passer l’après-midi avec elle, à l’écouter me décrire les gens qu’elle voit passer depuis maintenant un bon bout de temps et à se moquer gentiment des touristes. Mais allons DROIT AU BUT, je pense avoir trouvé l’endroit parfait pour commander un pastis. Il s’agit du Café de l’Abbaye, situé au 3 rue d’Endoume, à deux pas de l’Abbaye Saint Victor. C’est l’endroit idéal pour boire un pastis avec une vue inattendue sur le Vieux-Port, loin des spots touristiques. Le lieu était incroyablement ensoleillé en fin d’après-midi et les marseillais s’y sont retrouvés avec entrain, à tel point que beaucoup d’entre eux ont du laissé tomber l’idée d’une place assise, pour se regrouper sur le trottoir d’en face. Et c’est presque mieux comme ça, puisque c’est depuis le trottoir d’en face que la vue est la plus impressionnante. En définitive, vous saurez si vous êtes au bon endroit pour boire un pastis si autour de vous les gens parlent fort et avec un drôle d’accent, se coupent la parole et rient aux éclats : vous êtes entouré de vrais marseillais et c’est bien là qu’il faut en commander. 

AVIS DE MISTRAL

Depuis quelques jours Marseille est secouée par de sacrées rafales de Mistral. Les marseillais rouspètent, pourtant quand on leur demande leur avis sur la question, chacun se sent obligé de défendre le vent, la main droite sur le cœur. « Ça nettoie l’air, ça empêche la pluie et puis, c’est un vent provençal ! » J’avais envie d’illustrer le tout dans une vidéo et me suis donc rendue courageusement sur la Corniche, THE lieu a clairement éviter en cas de rafales à 80 Km/h comme aujourd’hui. J’ai vu des chapeaux s’envoler et des gens avancer à l’aveuglette. Des touristes qui s’étaient laissés surprendre par le vent m’ont timidement demandé si c’était toujours comme ça à Marseille. Non, le Mistral n’est pas toujours aussi cruel, mais il fait définitivement partie de la vie Marseillaise, à tel point qu’il en devient banal. Lors de mes études à Angers, je me souviens avoir été surprise, quand chaque matin en ouvrant mes volets, j’apercevais des branches d’arbres parfaitement immobiles, c’est comme si la nature manquait d’air. Au moindre petit coup de vent, les angevins paraissaient vivre une apocalypse et je me moquais gentiment d’eux et de leurs parapluies éventrés. À Marseille, la vie s’organise en fonction du Mistral. Un professeur de voile de l’une des plages du Prado m’a expliqué en riant que certains de ses clients posaient des jours de congés en fonction du vent. D’autres personnes, qui se rendent sur leur lieu de travail en marchant, prévoient un temps de trajet supplémentaire le matin. Les plages s’envahissent de cerfs-volants et je suis heureuse de voir que les marseillais ne restent pas cloîtrés chez eux dans l’attente d’une accalmie. Ils regardent avec admiration le ciel se dégager, les vagues exploser et se moquent des gens comme moi, qui longent la Corniche en cas d’avis de Mistral. (J’entends encore rire le pêcheur qui a observé une vague s’écrouler sur moi).